Situation

Les Coteaux des Baronnies sont localisés dans la Drôme Provençale, au nord du Mont Ventoux, entre Avignon et Gap, aux abords de Nyons. Ce magnifique massif des Baronnies Provençales, théâtre de moyennes montagnes ensoleillées, est un véritable tableau impressionniste où couleurs pastels et dégradés de verts se conjuguent. La luminosité y est particulière. Elle crée des jeux d’ombres et de lumières saisissants, pur plaisir des yeux. Les hommes sont venus dans cet écrin sauvage, non pas pour tenter de le domestiquer, mais pour y vivre en parfaite harmonie.

France, Parc des Baronnies Provençales, septembre 2018 Paysage agricole. Vigne, champ de lavande, et d’abricotiers. © Anne-Lore Mesnage

Les vins produits dans l’aire d’Indication Géographique Protégée « Coteaux des Baronnies » proviennent d’un vignoble s’étendant sur un peu plus de 500 hectares localisés sur 28 communes de la vallée de Sainte-Jalle, Bénivay, Mollans, Buis-les-Baronnies et Vercoiran, plus précisément des cantons de Buis-les-Baronnies, de Nyons, de Piégon, de Saint-Maurice-sur-Eygues, de Venterol et de Vinsobres, de Rémuzat et de Séderon.

Au-delà de la viticulture, les Baronnies offrent une carte complète d’activités économiques et touristiques où polyculture, arboriculture, oléiculture, apiculture et sports de pleine nature (escalade, parapente, VTT) se côtoient.


Histoire

Les Baronnies, 700 ans d’Histoire…

Les écrits de Pline l’Ancien mentionneraient déjà la confection de vins dans les Baronnies depuis la période gallo-romaine. Les découvertes archéologiques attestent de l’effective présence de vin à cette époque et d’une consommation de pain, huile d’olive, et vin, trilogie méditerranéenne base de l’alimentation depuis 2000 ans. Au Moyen Age, la vigne est omniprésente. Dès la fin du Xème siècle dans le nyonsais où en 1060 à Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, les chartes médiévales mentionnent les droits des seigneurs et des religieux sur le vin et la vigne. Nombre de religieux perçoivent la dîme des vendanges. Les vignes sont alors plantées sur des versants bien exposés et parfois aménagés en terrasses, comme à Rochebrune. Le vin est distribué dans les auberges et cabarets, parfois à la bouteille comme à Mirabel-aux-Baronnies, et sa vente constitue une des ressources des communautés locales.

Au XVIIIème Siècle, les pères Dominicains. Le vignoble est largement cultivé par les pères Dominicains. C’est sous leur influence que le vignoble se développe et continuera de le faire au fil des siècles.

Au XIXème Siècle, la destruction du vignoble. Une grande partie des vignes est détruite par le froid très vigoureux de 1832. Les plantations s’accroissent jusqu’au milieu du siècle malgré l’apparition de l’oïdium. S’ensuit la crise du phylloxéra de 1870 qui, comme dans la majorité des autres vignobles français, décime les lucratives plantations. La crise viticole est alors amorcée. Dans la Drôme, ce sont les deux tiers des surfaces qui disparaissent en dix ans.

Au XXème Siècle, le début d’une ère nouvelle. Le vignoble renaît de ses cendres. Les premières caves coopératives voient peu à peu le jour telle celle de Nyons créée en 1923. Une activité viticole reprend forme et se développe de décennies en décennie.

Dans les années 70, les Baronnies prennent leur envol. Le Syndicat de Défense des Producteurs des Coteaux des Baronnies est créé en 1974. Les premières installations de caves particulières participent à la croissance de la notoriété des vins du bassin. La publication du décret (cf. Pour aller plus loin – Décret) délimite la zone géographique du vignoble des Baronnies. Les Baronnies se distinguent dans la catégorie vins de pays par la richesse de son terroir, par sa typicité. Cette distinction est scellée et signe dès lors les vins d’une dénomination « Vin de Pays Coteaux des Baronnies » rebaptisée plus tard Indication Géographique Protégée (IGP) Coteaux des Baronnies.

Dans les années 80, la quête de la qualité. Les Coteaux des Baronnies se développent par le biais d’un programme d’expérimentation des cépages, puis grâce à un programme de restructuration et optent ainsi pour la voie qualitative plutôt que quantitative. Les Baronnies cherchent à se différencier par un encépagement adapté à ce paysage d’altitude et cherchent à faire valoir un terroir d’exception.

Dans les années 90, restructuration du vignoble. Cette décennie permet par un système d’arrachage et de replantation, d’adapter la viticulture à cette zone montagneuse. Les cépages sont sélectionnés avec attention pour sublimer les vins confectionnés. Un vent de renouveau souffle avec ces nouvelles plantations qui jaillissent ici et là de Gamay, Merlot, Cabernet-Sauvignon et Chardonnay. Les possibilités d’assemblages laissent la liberté aux artisans du vin de façonner des cuvées riches d’expressivité. C’est l’amour d’un terroir aux superbes qualités qui motive les producteurs à le sublimer. Les Coteaux des Baronnies expérimentent, micro-vinifient, ne cessent d’apprendre et se remettent en question pour laisser parler le terroir.

Dans les années 2000, prétention à l’aire d’appellations. Microclimat, vinification, et terres atypiques distinguent ce lieu. Les producteurs souhaitent une reconnaissance de leur bassin de production au rang d’appellation d’origine. Les cépages Chardonnay, Viognier, Roussanne, Marsanne, pour les blancs, et Syrah, Cabernet-Sauvignon, Merlot, Grenache pour les rouges et rosés montrent une belle aptitude d’épanouissement dans ces altitudes. Face à un marché en profonde mutation, les Coteaux des Baronnies souffrent mais ce lieu magique « Grandeur Nature » exerce un pouvoir de gravité. Les producteurs se concentrent, les jeunes reviennent avec des idées nouvelles et le vignoble est préservé. Le projet de Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales est ouvert en 2008 et vise alors à promouvoir les activités et produits de ce terroir encore si préservé. Plus qu’un support à l’économie locale, la nature offre un nouveau devenir.

Aujourd’hui, un vignoble structuré de plus de 500 hectares. Les Coteaux des Baronnies se composent d’hommes et de femmes motivés, centrés autour d’un objectif commun. Ils exacerbent avec minutie un riche terroir au charisme indéniable.


Terroir & climat

Le territoire de l’Indication Géographique Protégée est à l’image de certains de ses vins, concentré dans un espace d’une quarantaine de kilomètres. Le sol caillouteux y est à dominance calcaire concordant avec les bassins versants des rivières de l’Eygues et de l’Ouvèze, d’origine sédimentaire. La topographie confère aux vins des Coteaux des Baronnies toutes leurs particularités.

Avec une altitude moyenne de 600 mètres, le relief est morcelé, sauvage et tourmenté. L’ensemble du vignoble se situe entre 300 et 700 mètres. L’agriculture est prépondérante dans l’économie locale. L’arboriculture et la polyculture au sens large jouent en plus de la viticulture un rôle important. Vergers, vignes, oliveraies, champs de lavande, garrigues découpent le paysage en une mosaïque de teintes et de textures. Le climat méditerranéen offre ensoleillement et douceur de vivre, relevé par une influence montagnarde générée par l’altitude, caractéristique bienfaitrice pour l’épanouissement du vignoble des Baronnies. La différence de température entre le jour et la nuit confère au vin de la Région un caractère particulier.